Mettre des mots sur ce que l’on ressent avant que l’émotion ne prenne totalement le dessus consiste à activer le cerveau gauche, alors que l’activation de l’émotion  est liée au cerveau limbique et au cerveau droit, permet d’apprivoiser un phénomène qui par son intensité risque de nous submerger et nous faire adopter des comportement impulsifs inadaptés.

Une personne ayant intériorisé le principe « le nommer pour le dompter » perçoit un changement dans les situations qui, autrefois, le submergeaient. La colère, qui surgissait jadis en bloc et laissait des dégâts dans son sillage, laisse désormais place à un bref instant de répit. Pas grand-chose. Mais assez. Il la sent monter. Il trouve le mot juste. Et cet acte de nommer change la donne. Cela ne se produit pas de manière spectaculaire ni avec fracas. Mais cela suffit. Le mode « gauche » s’est activé. Les deux systèmes communiquent. La réponse qui s’ensuit diffère de la réaction d’autrefois.

Le client qui percevait son monde intérieur comme quelque chose qui lui « arrivait » sans qu’il ait son mot à dire, entretient désormais une relation avec celui-ci. Il ne s’agit pas exactement de contrôle, mais de quelque chose de plus durable : la capacité d’observer, de nommer et de rester présent face à ce qui émerge, plutôt que de se laisser submerger.

Voilà à quoi ressemble l’intégration bilatérale au quotidien. Il ne s’agit pas d’éliminer les émotions difficiles, mais d’être capable de les accueillir sans perdre le fil de qui l’on est.

Le client qui, auparavant, se dissociait de son vécu émotionnel dispose désormais d’un pont. Le langage ne sert plus à se tenir à distance du sentiment, mais à l’accompagner. Les mots ne se substituent pas à l’expérience ; ils l’accueillent. Et le fait d’être ainsi accueilli — ne serait-ce qu’un peu — transforme la nature même de l’expérience.

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